Atelier d'écriture

Discussion autour d’un ver

Après avoir écrit depuis plusieurs semaines des textes un peu graves, un  peu sérieux, j’ai eu envie, cette semaine, de me lâcher un peu et d’écrire quelque bêtise.

La photo de l’atelier de Bricabooks s’y est parfaitement prêtée. Alors je ne me suis pas gêné. J’espère juste que vous ne serez pas choqué(e).

Bonne lecture et pensez à aller lire les textes des autres participants sur le site de Bricabooks.


Photo : © Sandra Le Guen / Drawoua RéCréation

« Vous reprendrez bien un petit ver ?

– Oui, je veux bien, mais juste un petit, j’ai de la route à faire pour rentrer chez moi.

– Vous avez vu ? Ça recommence !!! Pas moyen de se reposer, c’est reparti… Et que je te retourne la terre, et que je te ratisse, et que je te bêche pour planter je ne sais quoi… Comment peut-on dormir avec ce bruit ? Et tous les ans c’est le même cirque. J’en parlais encore avec Oliver Deterre hier après-midi. Lui est gêné également. Son cousin a même été coupé en deux par un malheureux coup de bêche. Puis sa moitié arrière a été ramassée et jetée de l’autre côté du jardin. Toute la famille Fourmy, vous savez, ceux qui habitent du côté de la Rue Barbe ? Obligée de déménager. Tous les cinq mille, oui oui oui… Ils ont dû partir du côté de la salle Hadeverte, sous la grande feuille de chêne rouge … Quant à nous, nous allons migrer vers le milieu du carré, histoire d’être un peu tranquilles. Mon mari creusera une nouvelle galerie un peu plus à l’écart des travaux de jardin. Et vous, Monsieur Ticot, comment vivez-vous cette nouvelle période, cher Stanislas ( Ticot… ) ?

– Exactement comme vous. Et le pire, c’est qu’ils ont l’air contents. Ils sortent même leurs enfants qui crient, qui courent et manquent de nous écraser à tout moment. Avez-vous vu qu’il y a eu une nouvelle pousse de plantée ? Juste au milieu du parterre, face au mur ? Je me demande bien ce que ça va être cette année… L’an dernier, ma mère m’a dit qu’ils avaient essayé de planter des mûres. Des mûres le long d’un mur… Tu parles ! Ça n’a pas duré bien longtemps. A la première gelée, tout est parti… Hihihi, mon cousin a dit que c’était de la gelée de mûres !! Qu’il est bête celui-là !!

– Hola, mais à la quatrième taupe, il sera huit heures. Il faut que je file. Ce soir, nous sommes invités à une partie sur la pelouse. Je crois que c’est ça, sur l’invitation, c’était marqué « Venez nu comme un ver à notre grande Part’Ouse ». C’est parait-il, un bon moyen d’échanger avec des inconnus.

– Oh, mais nous sommes invités aussi. Nous nous y retrouverons peut-être. Mon mari veut y faire un saut. Il dit que ce n’est pas bon d’être toujours dans le même trou, qu’il ne faut pas se prendre le chou et savoir profiter de la vie qui est si courte.

– Bon, à ce soir, peut-être alors… »

 

© Amor-Fati 16 octobre 2017 Tous droits réservés. Contact : amor-fati@amor-fati.fr

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